La vie est une aventure dont on ne sort pas vivant. Elle est courte, mais on s'ennuie quand même. Quiconque n'est pas maître de sa vie est
esclave de quelque chose ou de quelqu'un. Mélange vagabondeux.
Par El Guellil.
Il a fait des pieds et des mains pour avoir son visa, qu'il n'a pas obtenu malgré les hébergements et les entourloupettes. Il a tenté tous les consulats, rien de rien. Il finit par lui envoyer un
mail lui fixant rendez-vous à Tunis. Chose faite. Ils ont pu se voir enfin. Elle qui a 45 ans, née dans un pays «schengen» et lui 25 ans dans un pays sans schen...gen. Après le séjour, c'est la
séparation. Il est chez lui. Elle doit le rejoindre pour célébrer le mariage felbled. « C'est ma seule chance bouya pour me sauver de la miziriya ».
L'union se concrétisera-t-elle ? Pourra-t-il la rejoindre là-bas et faire ses papiers ? Un exemple entre autres. Mais ce sont des milliers de nos jeunes qui rencontrent et croisent des âmes sœurs
sur le boulevard Internet qui commence à devenir aussi bouché et encombré que le marché de la rue de La Bastille un jeudi de Ramadhan à midi. A chaque génération ses folies. L'ère est aux
rencontres numériques.
Sur la Toile se tissent des relations amicales (ou plus si affinité) se faisant dans l'ignorance totale de l'aspect extérieur de l'interlocuteur et fomentées par des multiples réseaux mondiaux
existants. Bekri on disait « ochq taqa ma yetlaqa » qu'on pourrait traduire par « un amour de loin est un amour vain ». C'est à travers des fenêtres que des portails s'ouvrent et des cœurs
palpitent. Le dicton bien connu « loin des yeux, loin du cœur » n'est plus trop vrai. El hob numérique est facile à obtenir car faisant fi de ces éternels préjugés fondés sur l'apparence. Mais il
est aussi très facile de s'en débarrasser. Le numérique nous permet de ne pas être affecté d'une relation qu'on n'apprécie plus. Une simple absence de réponse à ses envois «fini frète». Est-ce le
fait de se sentir apprécié loin de chez soi qui pousse nos jeunes à cette pratique, ou est-ce une nouvelle génération de harraga numériques ? Ma « sauciologie » ne me permet pas d'aller plus
loin.
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